Ouvrir le menu principal

Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/244

Cette page a été validée par deux contributeurs.

236
LA JANGADA.

être tortueux, il peut y avoir péril à agir avant qu’un fait nous en ait donné le droit… le droit et le devoir !… En somme, sur la jangada, nous l’avons sous la main, et, en faisant tous deux bonne garde autour de mon père, nous ne pouvons pas manquer, si sûr que soit son jeu, de le forcer à se démasquer, à se trahir ! Donc, attendons encore ! »

L’arrivée de Torrès sur l’avant de la jangada interrompit la conversation des deux jeunes gens. Torrès les regarda en dessous, mais il ne leur adressa pas la parole.

Benito ne se trompait pas, lorsqu’il disait que les yeux de l’aventurier étaient attachés à la personne de Joam Garral, toutes les fois qu’il ne se sentait pas observé.

Non ! il ne se trompait pas, lorsqu’il affirmait que la figure de Torrès devenait sinistre en regardant son père !

Par quel mystérieux lien, de ces deux hommes, l’un, la noblesse même, pouvait-il, — sans le savoir, cela était clair, — être lié à l’autre ?

La situation étant donnée, il était certes difficile que Torrès, maintenant surveillé tout à la fois par les deux jeunes gens, par Fragoso et Lina, pût faire un mouvement qui ne serait pas sur-le-champ réprimé. Peut-être le comprit-il. En tout cas, il ne le