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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/234

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LA JANGADA.

Le lendemain, la jangada côtoya de vastes grèves, formées de hautes dunes très accidentées, qui servent de barrage à des pâturages immenses, dans lesquels on pourrait élever et nourrir les bestiaux de toute l’Europe. Ces grèves sont regardées comme les plus riches en tortues qui soient dans le bassin du Haut-Amazone.

Le 29 juillet au soir, on s’amarra solidement à l’île de Catua, afin d’y passer la nuit, qui menaçait d’être très sombre.

Sur cette île, tant que le soleil demeura au-dessus de l’horizon, apparut une troupe d’Indiens Muras, reste de cette ancienne et puissante tribu, qui, entre le Teffé et le Madeira, occupait autrefois plus de cent lieues riveraines du fleuve.

Ces indigènes, allant et venant, observèrent le train flottant, maintenant immobile. Ils étaient là une centaine armés de sarbacanes formées d’un roseau spécial à ces parages, et que renforce extérieurement un étui fait avec la tige d’un palmier nain dont on a enlevé la moelle.

Joam Garral laissa un instant le travail qui lui prenait tout son temps, pour recommander de bien veiller et de ne point provoquer ces indigènes. En effet, la partie n’eût pas été égale. Les Muras ont une remarquable adresse pour lancer jusqu’à une