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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/233

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EGA.

que vous le croyez, monsieur Fragoso ! Ces lectures, ces écritures, ces vieux papiers, cela peut avoir son intérêt ! Ce n’est ni un professeur, ni un homme de loi, ce liseur et cet écrivain !

— Vous avez bien raison !

— Veillons encore, monsieur Fragoso.

— Veillons toujours, mademoiselle Lina, » répondit Fragoso.

Le lendemain, 27 juillet, dès le lever du jour, Benito donnait au pilote le signal du départ.

À travers l’entre-deux des îles qui émergent de la baie d’Arenapo, l’embouchure du Japura, large de six mille six cents pieds, fut un instant visible. Ce grand affluent se déverse par huit bouches dans l’Amazone, comme s’il se jetait dans quelque océan ou quelque golfe. Mais ses eaux venaient de loin, et c’étaient les montagnes de la république de l’Équateur qui les envoyaient dans un cours que des chutes n’arrêtent qu’à deux cent dix lieues de son confluent.

Toute cette journée fut employée à descendre jusqu’à l’île Yapura, après laquelle le fleuve, moins encombré, rendit la dérive plus facile. Le courant, peu rapide en somme, permettait d’ailleurs d’éviter assez facilement ces îlots, et il n’y eut jamais ni choc, ni échouage.