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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/230

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LA JANGADA.

bois, avec des vérandas, des portes et des volets peints d’un vert cru au milieu d’un petit verger plein d’orangers en fleur. Mais il y avait deux ou trois bâtiments civils, une caserne et une église, dédiée à sainte Thérèse, qui était une cathédrale près de la modeste chapelle d’Iquitos.

Puis, en se retournant vers le lac, on saisissait du regard un joli panorama encadré dans une bordure de cocotiers et d’assaïs, qui se terminait aux premières eaux de la nappe liquide, et au delà, à trois lieues de l’autre côté, le pittoresque village de Nogueira montrait ses quelques maisonnettes perdues dans le massif des vieux oliviers de sa grève.

Mais, pour ces deux jeunes filles, il y eut une autre cause d’émerveillement, — émerveillement tout féminin, d’ailleurs : ce furent les modes des élégantes Egiennes, non pas l’habillement assez primitif encore des indigènes du beau sexe, Omaas ou Muras converties, mais le costume des vraies Brésiliennes ! Oui, les femmes, les filles des fonctionnaires ou des principaux négociants de la ville portaient prétentieusement des toilettes parisiennes, passablement arriérées, et cela, à cinq cents lieues de Para, qui est lui-même à plusieurs milliers de milles de Paris.

« Mais voyez donc, regardez donc, maîtresse, ces belles dames dans leurs belles robes !