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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/229

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EGA.

ou trois rues, de véritables rues, qui les séparent !

— Mon cher Manoel, dit Minha, défendez-nous contre mon frère ! Il se moque de nous, parce qu’il a déjà visité de plus belles villes dans la province des Amazones et du Para !

— Eh bien, il se moquera aussi de sa mère, ajouta Yaquita parce que j’avoue que je n’avais jamais rien vu de pareil !

— Alors, prenez garde, ma mère et ma sœur, reprit Benito, car vous allez tomber en extase, quand vous serez à Manao, et vous vous évanouirez, lorsque vous arriverez à Bélem !

— Ne crains rien ! répondit en souriant Manoel. Ces dames auront été peu à peu préparées à ces grandes admirations, en visitant les premières cités du Haut-Amazone.

— Comment, vous aussi, Manoel, dit Minha, vous parlez comme mon frère ? Vous vous moquez ?…

— Non, Minha ! je vous jure…

— Laissons rire ces messieurs, répondit Lina, et regardons bien, ma chère maîtresse, car cela est très beau ! »

Très beau ! Une agglomération de maisons, bâties en terre ou blanchies à la chaux et, pour la plupart, couvertes de chaume ou de feuilles de palmier, quelques-unes, il est vrai, construites en pierres ou en