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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/218

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LA JANGADA.

milles plus loin, par le rio Japura ; mais, si la portion la plus large de ce ce « furo » mesure cent cinquante pieds, la plus étroite n’en compte que soixante, et la jangada aurait eu quelque peine à passer.

Bref, après avoir touché, le 13 juillet, à l’île Capuor, après avoir dépassé la bouche du Jutahy, qui, venu de l’est-sud-ouest, jette ses eaux noires par une ouverture de quinze cents pieds, après avoir admiré des légions de jolis singes couleur blanc de soufre, à face rouge cinabre, qui sont d’insatiables amateurs de ces noisettes que produisent les palmiers auxquels le fleuve doit son nom, les voyageurs arrivèrent, le 18 juillet, devant la petite ville de Fonteboa.

En cet endroit, la jangada fit une halte de douze heures, qui donna quelque repos à l’équipe.

Fonteboa, comme la plupart de ces villages-missions de l’Amazone, n’a point échappé à cette capricieuse loi qui les transporte, pendant une longue période, d’un endroit à un autre. Il est probable, cependant, que ce hameau en a fini avec cette existence nomade et qu’il est définitivement sédentaire. Tant mieux pour lui, car il est charmant à voir avec sa trentaine de maisons, couvertes de feuillage, et son église dédiée à Notre-Dame de Guadalupe, Vierge Noire du Mexique. Fonteboa compte un millier d’habitants, fournis par les Indiens des deux