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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/216

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LA JANGADA.

l’heure présente, il n’en reste plus trace. Ce qu’on y retrouve encore, ce sont des représentants de diverses tribus d’Indiens, qui sont aisément reconnaissantes à la diversité de leurs tatouages.

L’Iça est un cours d’eau qu’envoient vers l’est les montagnes de Pasto, au nord-est de Quito, à travers les plus belles forêts de cacaoyers sauvages. Navigable sur un parcours de cent quarante lieues pour les bateaux à vapeur qui ne tirent pas plus de six pieds, il doit être un jour l’un des principaux chemins fluviaux dans l’ouest de l’Amérique.

Cependant le mauvais temps était venu. Il ne procédait pas par des pluies continuelles ; mais de fréquents orages troublaient déjà l’atmosphère. Ces météores ne pouvaient aucunement gêner la marche de la jangada, qui ne donnait pas prise au vent ; sa grande longueur la rendait même insensible à la houle de l’Amazone ; mais, pendant ces averses torrentielles, nécessité pour la famille Garral de rentrer dans l’habitation. Il fallait bien occuper ces heures de loisir. On causait alors, on se communiquait ses observations, et les langues ne chômaient pas.

Ce fut dans ces conditions que Torrès commença peu à peu à prendre une part plus active à la conversation. Les particularités de ses divers voyages dans tout le nord du Brésil lui fournissaient de nombreux