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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/215

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EN DESCENDANT TOUJOURS.

paquet d’œufs avait été déposé dans la tranchée, par groupes de cent soixante à cent quatre-vingt-dix. Ceux-là, il n’était pas question de les extraire. Mais, une première ponte ayant été faite deux mois auparavant, les œufs avaient éclos sous l’action de la chaleur emmagasinée dans les sables, et déjà quelques milliers de petites tortues couraient sur la grève.

Les chasseurs firent donc bonne chasse. La pirogue fut remplie de ces intéressants amphibies, qui arrivèrent juste à point pour l’heure du déjeuner. Le butin fut partagé entre les passagers et le personnel de la jangada, et s’il en restait le soir, il n’en restait plus guère.

Le 7 juillet au matin, on était devant San-José-de-Matura, bourg situé près d’un petit rio empli de longues herbes, et sur les bords duquel la légende prétend que les Indiens à queue ont existé.

Le 8 juillet, dans la matinée, on aperçut le village de San-Antonio, deux ou trois maisonnettes perdues dans les arbres, puis l’embouchure de l’Iça ou Putumayo, qui mesure neuf cents mètres de largeur.

Le Putumayo est l’un des plus importants tributaires de l’Amazone. En cet endroit, au xvie siècle, des Missions anglaises furent d’abord fondées par les Espagnols, puis détruites par les Portugais, et, à