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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/213

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EN DESCENDANT TOUJOURS.

À de certaines grèves, que la décroissance des eaux laisse à découvert et qui ont le privilège d’attirer le plus grand nombre de tortues, on a donné le nom de « plages royales ». Lorsque la récolte est achevée, c’est fête pour les Indiens, qui se livrent aux jeux, à la danse, aux libations, — fête aussi pour les caïmans du fleuve, qui font ripaille des restes de ces amphibies.

Tortues ou œufs de tortue sont donc l’objet d’un commerce extrêmement considérable dans tout le bassin de l’Amazone. Il est de ces chéloniens que l’on « vire », c’est-à-dire que l’on retourne sur le dos, quand ils reviennent de la ponte, et que l’on conserve vivants, soit qu’on les garde dans des parcs palissades comme les parcs à poissons, soit qu’on les attache à des pieux par une corde assez longue pour leur permettre d’aller ou de venir sur la terre ou sous l’eau. De cette façon, on peut toujours avoir de la chair fraîche de ces animaux.

On procède autrement avec les petites tortues qui viennent d’éclore. Nul besoin de les parquer ni de les attacher. Leur écaille est molle encore, leur chair extrêmement tendre, et on les mange absolument comme des huîtres, après les avoir fait cuire. Sous cette forme, il s’en consomme des quantités considérables.