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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/208

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LA JANGADA.

que d’habitude. Il raconta quelques-unes de ses excursions à l’intérieur du Brésil, en homme qui paraissait connaître le pays.

Mais, tout en parlant de ses voyages, Torrès ne négligea pas de demander au commandant s’il connaissait Manao, si son collègue s’y trouvait en ce moment, si le juge de droit, le premier magistrat de la province, avait l’habitude de s’absenter à cette époque de la saison chaude. Il semblait qu’en faisant cette série de questions, Torrès regardait en dessous Joam Garral. Ce fut même assez indiqué pour que Benito l’observât, non sans quelque étonnement, et fit cette remarque, que son père écoutait tout particulièrement les questions assez singulières que posait Torrès.

Le commandant de San-Pablo-d’Olivença assura l’aventurier que les autorités n’étaient point absentes de Manao en ce moment, et il chargea même Joam Garral de leur présenter ses compliments. Selon toute probabilité, la jangada arriverait devant cette ville dans sept semaines au plus tard, du 20 au 25 août.

Les hôtes du fazender prirent congé de la famille Garral vers le soir, et, le lendemain matin, 3 juillet, la jangada recommençait à descendre le cours du fleuve.

À midi, on laissait sur la gauche l’embouchure du