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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/202

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LA JANGADA.

désigner ce genre de navigation, c’est-à-dire naviguer de confiance.

Bientôt furent dépassés l’île Araria, l’archipel des îles Calderon, l’île Capiatu, et bien d’autres, dont les noms ne sont pas encore arrivés à la connaissance des géographes. Le 30 juin, le pilote signalait sur la droite du fleuve le petit village de Jurupari-Tapera, où se fit une halte de deux ou trois heures.

Manoel et Benito allèrent chasser dans les environs et rapportèrent quelques gibiers à plume, qui furent bien reçus à l’office. En même temps, les deux jeunes gens avaient opéré la capture d’un animal dont un naturaliste eût fait plus de cas que n’en fit la cuisinière de la jangada.

C’était un quadrupède de couleur foncée, qui ressemblait quelque peu à un grand terre-neuve.

« Un fourmilier tamanoir ! s’écria Benito, en le jetant sur le pont de la jangada.

— Et un magnifique spécimen, qui ne déparerait pas la collection d’un muséum ! ajouta Manoel.

— Avez-vous eu quelque peine à vous emparer de ce curieux animal ? demanda Minha.

— Mais oui, petite sœur, répondit Benito, et tu n’étais pas là pour demander sa grâce ! Ah ! ils ont la vie dure, ces chiens-là, et il n’a pas fallu moins de trois balles pour coucher celui-ci sur le flanc ! »