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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/193

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TORRÈS.

— Je vous répète que je n’en doute pas, répondit Fragoso. Ce qu’il a fait pour un pauvre diable comme moi, il ne refusera pas de le faire pour vous, un compatriote !

— Est-ce qu’il est seul à bord de cette jangada ?

— Non, répliqua Fragoso. Je viens de vous dire qu’il voyage avec toute sa famille, — une famille de braves gens, je vous l’assure, — et il est accompagné d’une équipe d’Indiens et de noirs, qui font partie du personnel de la fazenda.

— Il est riche, ce fazender ?

— Certainement, répondit Fragoso, très riche. Rien que les bois flottés qui forment la jangada et la cargaison qu’elle porte constituent toute une fortune.

— Ainsi donc, Joam Garral vient de passer la frontière brésilienne avec toute sa famille ? reprit Torrès.

— Oui, répondit Fragoso, sa femme, son fils, sa fille et le fiancé de mademoiselle Minha.

— Ah ! il a une fille ? dit Torrès.

— Une charmante fille.

— Et elle va se marier ?…

— Oui, avec un brave jeune homme, répondit Fragoso, un médecin militaire en garnison à Bélem, et qui l’épousera dès que nous serons arrivés au terme du voyage.