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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/192

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LA JANGADA.

— À bord d’un train de bois, sur lequel m’a donné passage un digne fazender, qui descend l’Amazone avec toute sa famille.

— Ah ! vraiment, l’ami ! répondit Torrès. C’est une chance, cela, et si votre fazender voulait me prendre…

— Vous avez donc, vous aussi, l’intention de descendre le fleuve ?

— Précisément.

— Jusqu’au Para ?

— Non, jusqu’à Manao seulement, où j’ai affaire.

— Eh bien, mon hôte est un homme obligeant, et je pense qu’il vous rendrait volontiers ce service.

— Vous le pensez ?

— Je dirais même que j’en suis sûr.

— Et comment s’appelle-t-il donc ce fazender ? demanda nonchalamment Torrès.

— Joam Garral, » répondit Fragoso.

Et, en ce moment, il murmurait à part lui :

« J’ai certainement vu cette figure-là quelque part ! »

Torrès n’était pas homme à laisser tomber une conversation qui semblait l’intéresser, et pour cause.

« Ainsi, dit-il, vous pensez que Joam Garral consentirait à me donner passage ?