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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/190

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LA JANGADA.

tailler depuis longtemps, et ses cheveux, un peu longs, réclamaient impérieusement les bons offices d’un coiffeur.

« Bonjour, l’ami, bonjour ! » dit-il en frappant légèrement l’épaule de Fragoso.

Fragoso se retourna lorsqu’il entendit ces quelques mots prononcés en pur brésilien, et non plus l’idiome mélangé des indigènes.

« Un compatriote ? demanda-t-il, sans cesser de tortiller la bouche rebelle d’une tête mayorunasse.

— Oui, répondit l’étranger, un compatriote, qui aurait besoin de vos services.

— Comment donc ! mais à l’instant, dit Fragoso. Dès que je vais avoir « terminé madame ! »

Et ce fut fait en deux coups de fer.

Bien que le dernier venu n’eût pas droit à la place vacante, cependant il s’assit sur l’escabeau, sans que cela amenât aucune réclamation de la part des indigènes, dont le tour était ainsi reculé.

Fragoso laissa les fers pour les ciseaux du coiffeur et, selon l’habitude de ses collègues :

« Que désire monsieur ? demanda-t-il.

— Faire tailler ma barbe et mes cheveux, répondit l’étranger.

— À vos souhaits ! » dit Fragoso en introduisant le peigne dans l’épaisse chevelure de son client.