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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/188

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LA JANGADA.

droite, aussi bien ceux qui habitaient sur les bords du Cajuru que ceux qui résidaient dans les villages du Javary.

Aussi, une longue queue d’impatients se dessinait-elle sur la place centrale. Les heureux et les heureuses, au sortir des mains de Fragoso, allant fièrement d’une maison à l’autre, se pavanaient sans trop oser remuer, comme de grands enfants qu’ils étaient.

Il arriva donc que, lorsque midi sonna, le très occupé coiffeur n’avait pas encore eu le temps de revenir déjeuner à bord ; aussi dut-il se contenter d’un peu d’assaï, de farine de manioc et d’œufs de tortue qu’il avalait rapidement entre deux coups de fer.

Mais aussi, bonne récolte pour le cabaretier, car toutes ces opérations ne s’accomplissaient pas sans grande absorption de liqueurs tirées des caves de la loja. En vérité, c’était un événement pour la ville de Tabatinga que ce passage du célèbre Fragoso, coiffeur ordinaire et extraordinaire des tribus du Haut-Amazone !