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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/180

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LA JANGADA.

— En aucune façon, monsieur Garral, puisque vous m’avez permis de vous accompagner jusqu’à Bélem, où je pourrai, je l’espère du moins, reprendre mon ancien métier.

— Eh bien, alors, si telle est votre intention, que venez-vous me demander, mon ami ?

— Je viens vous demander si vous ne voyez aucun inconvénient à ce que je l’exerce en route, ce métier. Il ne faut pas que ma main se rouille, et, d’ailleurs, quelques poignées de reis ne feraient pas mal au fond de ma poche, surtout si je les avais gagnés. Vous le savez, monsieur Garral, un barbier, qui est en même temps un peu coiffeur, je n’ose dire un peu médecin par respect pour monsieur Manoel, trouve toujours quelques clients dans ces villages du Haut-Amazone.

— Surtout parmi les Brésiliens, répondit Joam Garral, car pour les indigènes…

— Je vous demande pardon, répondit Fragoso, parmi les indigènes surtout ! Ah ! pas de barbe à faire, puisque la nature s’est montrée très avare de cette parure envers eux, mais toujours quelque chevelure à accommoder suivant la dernière mode ! Ils aiment cela, ces sauvages, hommes ou femmes ! Je ne serai pas installé depuis dix minutes sur la place de Tabatinga, mon bilboquet à la main, — c’est le bilbo-