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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/176

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LA JANGADA.

Cette fois, Yaquita et ses enfants, moins menacés peut-être qu’à Iquitos de servir de pâture aux moustiques indigènes, avaient manifesté l’intention de descendre à terre et de visiter la bourgade.

On estime actuellement à quatre cents habitants, presque tous Indiens, la population de Tabatinga, en y comprenant, sans doute, ces nomades qui errent plutôt qu’ils ne se fixent sur les bords de l’Amazone et de ses petits affluents.

Le poste de l’île de la Ronde a été abandonné depuis quelques années et transporté à Tabatinga même. On peut donc dire que c’est une ville de garnison ; mais, en somme, la garnison n’est composée que de neuf soldats, presque tous Indiens, et d’un sergent, qui est le véritable commandant de la place.

Une berge, haute d’une trentaine de pieds, dans laquelle sont taillées les marches d’un escalier peu solide, forme en cet endroit la courtine de l’esplanade qui porte le petit fortin. La demeure du commandant comprend deux chaumières disposées en équerre, et les soldats occupent un bâtiment oblong, élevé à cent pas de là au pied d’un grand arbre.

Cet ensemble de cabanes ressemblerait parfaitement à tous les villages ou hameaux, qui sont disséminés sur les rives du fleuve, si un mât de pavil-