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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/169

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DE PEVAS À LA FRONTIÈRE.

où il allait partir, une subite maladie l’arrêta, et il ne put mettre son projet à exécution.

« Cependant, les démarches n’avaient pas été inutiles, et madame des Odonais apprit enfin que le roi de Portugal, lui accordant l’autorisation nécessaire, faisait préparer une embarcation, afin qu’elle pût descendre le fleuve et rejoindre son mari. En même temps, une escorte avait ordre de l’attendre dans les Missions du Haut-Amazone.

« Madame des Odonais était une femme d’un grand courage, vous allez bien le voir. Aussi n’hésita-t-elle pas, et, malgré les dangers d’un pareil voyage à travers tout le continent, elle partit.

— C’était son devoir d’épouse, Manoel, dit Yaquita, et j’aurais fait comme elle !

— Madame des Odonais, reprit Manoel, se rendit à Rio-Bamba, au sud de Quito, emmenant son beau-frère, ses enfants et un médecin français. Il s’agissait d’atteindre les Missions de la frontière brésilienne, où devaient se trouver l’embarcation et l’escorte.

« Le voyage est heureux d’abord ; il se fait sur le cours des affluents de l’Amazone que l’on descend en canot. Cependant, les difficultés s’accroissent peu à peu avec les dangers et les fatigues, au milieu d’un pays décimé par la petite vérole. Des