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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/164

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LA JANGADA.

Cependant, toute la famille, après cette journée de juillet, était restée assise sous la véranda, afin de respirer l’air plus frais du dehors. Chaque soir il en était ainsi ; et, tandis que Joam Garral, toujours silencieux, se contentait d’écouter, les jeunes gens causaient gaiement jusqu’à l’heure du coucher.

« Ah ! notre beau fleuve ! notre magnifique Amazone ! » s’écria la jeune fille, dont l’enthousiasme pour ce grand cours d’eau américain ne se lassait jamais.

— Fleuve incomparable, en vérité ! répondit Manoel, et j’en comprends toutes les sublimes beautés ! Nous le descendons, maintenant, comme Orellana, comme La Condamine l’ont fait, il y a des siècles, et je ne m’étonne plus qu’ils en aient rapporté de si merveilleuses descriptions !

— Un peu fabuleuses ! répliqua Benito.

— Mon frère, reprit gravement la jeune fille, ne dis pas de mal de notre Amazone !

— Ce n’est point en dire du mal, petite sœur, que de rappeler qu’il a ses légendes !

— Oui, c’est vrai, il en a, et de merveilleuses ! répondit Minha.

— Quelles légendes ? demanda Manoel. Je dois avouer qu’elles ne sont pas encore arrivées au Para,