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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/157

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DE PEVAS À LA FRONTIÈRE.

demain soir, elle s’arrêtait au village de Moromoros, qui est situé sur la rive gauche de l’Amazone. Vingt-quatre heures après, dépassant les embouchures de l’Atacoari et du Cocha, puis le « furo », ou canal, qui communique avec le lac de Cabello-Cocha, sur la rive droite, elle faisait escale à la hauteur de la Mission de Cocha.

C’était là le pays des Indiens Marahuas, aux longs cheveux flottants, dont la bouche s’ouvre au milieu d’une sorte d’éventail d’épines de palmiers, longues de six pouces, ce qui leur donne une figure féline, et cela, — suivant l’observation de Paul Marcoy, — dans l’intention de ressembler au tigre, dont ils admirent par-dessus tout l’audace, la force et la ruse. Quelques femmes vinrent avec ces Marahuas en fumant des cigares, dont elles tenaient le bout allumé entre leurs dents. Tous, ainsi que le roi des forêts amazoniennes, allaient à peu près nus.

La Mission de Cocha était alors dirigée par un moine franciscain, qui voulut rendre visite au padre Passanha.

Joam Garral fit très bon accueil à ce religieux, et il lui offrit même de s’asseoir à la table de la famille.

Précisément il y avait ce jour-là un dîner, qui faisait honneur à la cuisinière indienne.

Bouillon traditionnel aux herbes aromatiques, pâté,