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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/156

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LA JANGADA.

excellents, des « pacos », des « surubis », des « gamitanas » d’une chair exquise, et certaines de ces larges raies, appelées « duridaris », roses au ventre, noires au dos, qui sont armées de dards très venimeux. On recueillit aussi, par milliers, de ces « candirus », sortes de petits silures, dont quelques-uns sont microscopiques, et qui ont bientôt fait une pelote des mollets du baigneur, imprudemment aventuré dans leurs parages.

Les riches eaux de l’Amazone étaient aussi fréquentées par bien d’autres animaux aquatiques, qui escortaient la jangada sur les fleuves, pendant des heures entières.

C’étaient de gigantesques « pira-rucus », longs de dix à douze pieds, cuirassés de larges écailles à bordure écarlate, mais dont la chair n’est vraiment appréciée que des indigènes. Aussi ne cherchait-on pas à s’en emparer, pas plus que des gracieux dauphins, qui venaient s’ébattre par centaines, frapper de leur queue les poutrelles du train de bois, se jouer à l’avant, à l’arrière, animant les eaux du fleuve de reflets colorés et de jets d’eau que la lumière réfractée changeait en autant d’arcs-en-ciel.

Le 16 juin, la jangada, après avoir heureusement paré certains hauts-fonds en s’approchant des berges arriva près de la grande île de San-Pablo, et, le len-