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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/153

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D’IQUITOS À PEVAS.

et l’embouchure de l’Ambiacu, la jangada arriva à Pevas, le soir du 11 juin, et elle s’amarra à la rive.

Comme il restait encore quelques heures avant la nuit, Benito débarqua, emmenant avec lui le toujours prêt Fragoso, et les deux chasseurs allèrent battre les fourrés aux environs de la petite bourgade. Un agouti et un cabiai, sans parler d’une douzaine de perdrix, vinrent enrichir l’office à la suite de cette heureuse excursion.

À Pevas, où l’on compte une population de deux cent soixante habitants, Benito aurait peut-être pu faire quelques échanges avec les frères lais de la Mission, qui sont en même temps négociants en gros ; mais ceux-ci venaient d’expédier récemment des ballots de salsepareille et un certain nombre d’arrobes de caoutchouc vers le Bas-Amazone, et leur magasin était vide.

La jangada repartit donc au lever du jour, et s’engagea dans ce petit archipel que forment les îles Iatio et Cochiquinas, après avoir laissé sur la droite le village de ce nom. Diverses embouchures de minces affluents, innomés, furent relevées sur la droite du fleuve, à travers les intervalles qui séparent les îles.

Quelques indigènes à tête rasée, tatoués aux joues