Ouvrir le menu principal

Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/151

Cette page a été validée par deux contributeurs.

143
D’IQUITOS À PEVAS.

taines difficultés, qui furent heureusement vaincues après un certain nombre d’accolades prodiguées à la dame-jeanne.

Cela permit d’apercevoir, en passant, quelques-unes de ces nombreuses lagunes aux eaux noires, qui sont semées le long du cours de l’Amazone, et n’ont souvent aucune communication avec le fleuve. L’une d’elles, qui porte le nom de lagune d’Oran, était d’assez médiocre étendue, et recevait les eaux par un large pertuis. Au milieu du lit se dessinaient plusieurs îles et deux ou trois îlots, curieusement groupés, et, sur la rive opposée, Benito signala l’emplacement de cet ancien Oran, dont on ne voyait plus que d’incertains vestiges.

Pendant deux jours, selon les exigences du courant, la jangada alla tantôt sur la rive droite, tantôt sur la rive gauche, sans que sa charpente subît le moindre attouchement suspect.

Les passagers étaient déjà faits à cette nouvelle existence. Joam Garral laissant à son fils le soin de tout ce qui constituait le côté commercial de l’expédition, se tenait le plus souvent dans sa chambre, méditant et écrivant. De ce qu’il écrivait ainsi, il ne disait rien, pas même à Yaquita, et cependant cela prenait déjà l’importance d’un véritable mémoire.