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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/147

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D’IQUITOS À PEVAS.

velopper sous l’ombrage de ces gigantesques palmiers avec leurs feuilles retombantes ! Et cette ceinture de roseaux qui les entoure, au milieu desquels une étroite pirogue pourrait à peine se frayer passage ! Et ces mangliers, dont les racines fantasques viennent s’arc-bouter sur les rives comme les pattes de quelques monstrueux crabes ! Oui, ces îles sont belles, mais, si belles qu’elles soient, elles ne peuvent se déplacer ainsi que le fait la nôtre !

— Ma petite Minha est un peu enthousiaste aujourd’hui ! fit observer le padre Passanha.

— Ah ! padre, s’écria la jeune fille, je suis si heureuse de sentir tout le monde heureux autour de moi ! »

En ce moment, on entendit la voix de Yaquita qui appelait Minha à l’intérieur de l’habitation.

La jeune fille s’en alla, courant et souriant.

« Vous aurez là, Manoel, une aimable compagne ! dit le padre Passanha au jeune homme. C’est toute la joie de la famille qui va s’enfuir avec vous, mon ami !

— Brave petite sœur ! dit Benito. Nous la regretterons bien, et le padre a raison ! Au fait, si tu ne l’épousais pas, Manoel !… Il est encore temps ! Elle nous resterait !

— Elle vous restera, Benito, répondit Manoel.