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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/146

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LA JANGADA.

— Quoi donc ?

— Que vous avez été très assidue à la bibliothèque de la fazenda, et que vous m’aviez promis de me rendre très savant en tout ce qui concerne votre Haut-Amazone. Nous ne le connaissons que très imparfaitement au Para, et voici plusieurs îles que la jangada dépasse, sans que vous songiez à m’en dire le nom !

— Et qui le pourrait ? s’écria la jeune fille.

— Oui ! qui le pourrait ? répéta Benito après elle. Qui pourrait retenir les centaines de noms en idiome « tupi » dont sont affublées toutes ces îles ? C’est à ne pas s’y reconnaître ! Les Américains, eux, sont plus pratiques pour les îles de leur Mississipi, ils les numérotent…

— Comme ils numérotent les avenues et les rues de leurs villes ! répondit Manoel. Franchement, je n’aime pas beaucoup ce système numérique ! Cela ne dit rien à l’imagination, l’île soixante-quatre, l’île soixante-cinq, pas plus que la sixième rue de la troisième avenue ! N’êtes-vous pas de mon avis, chère Minha ?

— Oui, Manoel, quoi qu’en puisse penser mon frère, répondit la jeune fille. Mais, bien que nous n’en connaissions pas les noms, les îles de notre grand fleuve sont vraiment belles ! Voyez-les se dé-