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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/144

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LA JANGADA.

L’embouchure du Nanay fut bientôt dépassée et se perdit derrière une pointe de la rive gauche, avec son tapis de graminées roussâtres, rôties par le soleil, qui faisaient un premier plan très chaud aux verdoyantes forêts de l’horizon.

La jangada ne tarda pas à prendre le fil du courant entre les nombreuses et pittoresques îles, dont on compte une douzaine depuis Iquitos jusqu’à Pucalppa.

Araujo, qui n’oubliait pas d’éclaircir sa vue et sa mémoire en puisant à la dame-jeanne, manœuvra très habilement au milieu de cet archipel. À son ordre, cinquante gaffes se levaient simultanément de chaque côté du train de bois et s’abattaient dans l’eau avec un mouvement automatique. Cela était curieux à voir.

Pendant ce temps, Yaquita aidée de Lina et de Cybèle, achevait de mettre tout en ordre, tandis que la cuisinière indienne s’occupait des apprêts du déjeuner.

Quant aux deux jeunes gens et à Minha, ils se promenaient en compagnie du padre Passanha, et, de temps en temps, la jeune fille s’arrêtait pour arroser les plantes disposées au pied de l’habitation.

« Eh bien, padre, dit Benito, connaissez-vous une plus agréable manière de voyager ?