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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/140

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LA JANGADA.

encore de quelques pouces qu’elle ne fût entièrement soulevée et détachée du fond.

Pendant une heure, ces frémissements s’accrurent. Les madriers craquaient de toutes parts. Un travail se faisait, qui arrachait peu à peu les troncs de leur lit de sable.

Vers six heures et demie, des cris de joie éclatèrent. La jangada flottait enfin, et le courant l’entraînait vers le milieu du fleuve ; mais, au rappel de ses amarres, elle vint tranquillement se ranger près de la rive, à l’instant où le padre Passanha la bénissait, comme il eut béni un bâtiment de mer, dont les destinées sont entre les mains de Dieu !