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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/136

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LA JANGADA.

d’exercer, son laborieux ministère. L’heure de la retraite avait sonné pour lui. Il venait d’être remplacé à Iquitos par un missionnaire plus jeune, et il se disposait à retourner au Para pour y finir ses jours dans un ces couvents qui sont réservés aux vieux serviteurs de Dieu.

Quelle occasion meilleure pouvait lui être offerte que de descendre le fleuve avec cette famille qui était comme la sienne ? On le lui avait proposé, il avait accepté d’être du voyage, et, arrivé à Bélem, c’était à lui qu’il serait réservé de marier ce jeune couple, Minha et Manoel.

Mais, si le padre Passanha, pendant le cours du voyage, devait s’asseoir à la table de la famille, Joam Garral avait voulu lui faire construire une habitation à part, et Dieu sait avec quel soin Yaquita et sa fille s’étaient ingéniées à la rendre confortable ! Certes, le bon vieux prêtre n’avait jamais été aussi bien logé dans son modeste presbytère.

Toutefois, le presbytère ne pouvait suffire au padre Passanha. Il lui fallait aussi la chapelle.

La chapelle avait donc été édifiée au centre même de la jangada, et un petit clocher la surmontait.

Elle était bien étroite, sans doute, et n’eût pu contenir tout le personnel du bord ; mais elle était richement ornée, et, si Joam Garral retrouvait sa propre