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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/132

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LA JANGADA.

contenant les marchandises que Joam Garral transportait à Bélem en même temps que le produit de ses forêts.

Là, dans ces vastes magasins, sous la direction de Benito, la riche cargaison avait trouvé place avec autant d’ordre que si elle eût été soigneusement arrimée dans la cale d’un navire.

En premier lieu, sept milles arrobes[1] de caoutchouc composaient la partie la plus précieuse de cette cargaison, puisque la livre de ce produit valait alors de trois à quatre francs. La jangada emportait aussi cinquante quintaux de salsepareille, cette smilacée qui forme une branche importante du commmerce d’exportation dans tout le bassin de l’Amazone, et devient de plus en plus rare sur les rives du fleuve, tant les indigènes se montrent peu soigneux d’en respecter les tiges quand ils la récoltent. Fèves tonkins, connues au Brésil sous le nom de « cumarus », et servant à faire certaines huiles essentielles ; sassafras, dont on tire un baume précieux contre les blessures ; ballots de plantes tinctoriales ; caisses de diverses gommes, et une certaine quantité de bois précieux complétaient cette cargaison, d’une

  1. L’arrobe espagnol vaut environ 25 livres ; l’arrobe portugais vaut un peu plus, soit 32 livres.