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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/128

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LA JANGADA.

par la pression. Ce résultat obtenu, on réduit ces racines en une farine qui s’utilise de différentes façons, même sous la forme de tapioca, suivant le caprice des indigènes.

Aussi, à bord de la jangada, existait-il un véritable silo de cette utile production, qui était réservée à l’alimentation générale.

Quand aux conserves de viande, sans oublier tout un troupeau de moutons nourris dans une étable spéciale, bâtie à l’avant, elle consistaient surtout en une certaine quantité de ces jambons « presuntos » du pays, qui sont d’excellente qualité ; mais on comptait aussi sur le fusil des jeunes gens et de quelques Indiens, bons chasseurs, auxquels le gibier ne manquerait pas — et qui ne le manquerait pas non plus — sur les îles ou dans les forêts riveraines de l’Amazone.

Le fleuve, d’ailleurs, devait largement fournir à la consommation quotidienne : crevettes, qu’on aurait le droit d’appeler écrevisses ; « tambagus », le meilleur poisson de tout ce bassin, d’un goût plus fin que le saumon, auquel on l’a quelquefois comparé ; « pira-rucus », aux écailles rouges, grands comme des esturgeons, qui, sous forme de salaisons, s’expédient en quantités considérables dans tout le Brésil ; « candirus », dangereux à prendre, bons à manger ;