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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/124

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LA JANGADA.

disposé, et c’était à se croire dans la maison même de la fazenda. On n’en eût pas voulu d’autre pour demeure sédentaire, sous quelque beau bouquet d’arbres, au bord d’un courant d’eau vive. Pendant qu’elle descendrait entre les rives du grand fleuve, elle ne déparerait pas les sites pittoresques, qui se déplaceraient latéralement à elle.

Il faut encore ajouter que cette habitation ne charmait pas moins les yeux au dehors qu’au dedans.

En effet, à l’extérieur, les jeunes gens avaient rivalisé de goût et d’imagination.

La maison était littéralement enfeuillagée du soubassement jusqu’aux dernières arabesques de la toiture. C’était un fouillis d’orchidées, de bromélias, de plantes grimpantes, toutes en fleur, que nourrissaient des caisses de bonne terre végétale, enfouies sous des massifs de verdure. Le tronc d’un mimosa ou d’un ficus n’eut pas été habillé d’une parure plus « tropicalement » éclatante ! Que de capricieuses broutilles, que de rubellées rouges, de pampres jaune d’or, de grappes multicolores, de sarments enchevêtrés sur les corbeaux supportant le bout du faîtage, sur les arçons de la toiture, sur le sommier des portes ! Il avait suffi de prendre à pleines mains dans les forêts voisines de la fazenda.