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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/122

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LA JANGADA.

en souriant de ce triste sourire qui lui revenait quelquefois.

— Ce sera charmant !

— Je m’en rapporte à ton bon goût, ma chère fille !

— Et cela nous fera honneur, père ! répondit Minha. Il le faut pour ce beau pays que nous allons traverser, ce pays qui est le nôtre, et dans lequel tu va rentrer après tant d’années d’absence !

— Oui ! Minha, oui ! répondit Joam Garral. C’est comme si nous revenions d’exil… un exil volontaire ! Fais donc de ton mieux ma fille ! J’approuve d’avance tout ce que tu feras ! »

À la jeune fille, à Lina, auxquelles devaient se joindre volontiers Manoel d’une part, Fragoso de l’autre, revenait le soin d’orner l’habitation à l’intérieur. Avec un peu d’imagination et de sens artistique, ils devaient arriver à faire très bien les choses.

Au dedans, d’abord, les meubles les plus jolis de la fazenda trouvèrent naturellement leur place. On en serait quitte pour les renvoyer, après l’arrivée au Para, par quelque igaritea de l’Amazone : tables, fauteuils de bambou, canapés de canne, étagères de bois sculpté, tout ce qui constitue le riant mobilier d’une habitation de la zone tropicale, fut disposé avec goût dans la maison flottante. On sen-