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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/121

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LA JANGADA.

part, qui ne serait pas la moins confortablement disposée.

Cette habitation principale fut soigneusement faite de planches imbriquées, bien imprégnées de résine bouillante, ce qui devait les rendre imperméables et parfaitement étanches. Des fenêtres latérales et des fenêtres de façade l’éclairaient gaiement. Sur le devant s’ouvrait la porte d’entrée, donnant accès dans la salle commune. Une légère véranda, qui en protégeait la partie antérieure contre l’action directe des rayons solaires, reposait sur de sveltes bambous. Le tout était peint d’une fraîche couleur d’ocre, qui réverbérait la chaleur au lieu de l’absorber, et assurait à l’intérieur une température moyenne.

Mais quand le « gros œuvre », comme on dit, eut été élevé sur les plans de Joam Garral, Minha intervint.

« Père, dit-elle, maintenant que nous sommes clos et couvert par tes soins, tu nous permettras d’arranger cette demeure à notre fantaisie. Le dehors t’appartient, mais le dedans est à nous. Ma mère et moi, nous voulons que ce soit comme si notre maison de la fazenda nous suivait en voyage, afin que tu puisses croire que tu n’as pas quitté Iquitos !

— Fais à ta guise, Minha, répondit Joam Garral