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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/109

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EN SUIVANT UNE LIANE.

s’arrêtait. Mais un pont de lianes, fait de « beju-cos » reliés entre eux par un lacis de branchages, traversait ce ruisseau. Le cipo, se divisant en deux filaments lui servait de garde-fou et passait ainsi d’une berge à l’autre.

Benito, toujours en avant, s’était déjà élancé sur le tablier vacillant de cette passerelle végétale.

Manoel voulut retenir la jeune fille.

« Restez, restez, Minha ! dit-il. Benito ira plus loin, si cela lui plaît, mais nous l’attendrons ici !

— Non ! Venez, venez, chère maîtresse, venez ! s’écria Lina. N’ayez pas peur ! La liane s’amincit ! Nous aurons raison d’elle, et nous découvrirons son extrémité ! »

Et sans hésiter, la jeune mulâtresse s’aventurait hardiment derrière Benito.

« Ce sont des enfants ! répondit Minha. Venez, mon cher Manoel ! Il faut bien les suivre ! »

Et les voilà tous franchissant le pont, qui se balançait au-dessus du ravin comme une escarpolette, en s’enfonçant de nouveau sous le dôme des arbres.

Mais ils n’avaient pas marché depuis dix minutes, en suivant l’interminable cipo dans la direction du fleuve que tous s’arrêtaient, et, cette fois non sans raison.