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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/108

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LA JANGADA.

du soleil, l’arbre des tropiques par excellence, celui qui, suivant l’observation de Humboldt, « a accompagné l’homme dans l’enfance de sa civilisation », le grand nourrisseur de l’habitant des zones torrides, un bananier, se montrait isolément. Le long feston du cipo, enroulé dans ses hautes branches, se raccordait ainsi d’une extrémité à l’autre de la clairière et se glissait de nouveau dans la forêt.

« Nous arrêtons-nous enfin ? demanda Manoel.

— Non, mille fois non ! s’écria Benito. Pas avant d’avoir atteint le bout de la liane !

— Cependant, fit observer Minha, il serait bientôt temps de songer au retour !

— Oh ! chère maîtresse, encore ! encore ! répondit Lina.

— Toujours, toujours ! » ajouta Benito.

Et les étourdis de s’enfoncer plus profondément dans la forêt, qui, plus dégagée alors, leur permettait d’avancer plus facilement.

En outre, le cipo obliquait vers le nord et tendait à revenir vers le fleuve. Il y avait donc moins d’inconvénient à le suivre, puisqu’on se rapprochait de la rive droite, qu’il serait aisé de remonter ensuite.

Un quart d’heure plus tard, au fond d’un ravin, devant un petit affluent de l’Amazone, tout le monde