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Page:Verne - L’Étoile du sud, Hetzel, 1884.djvu/238

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Tout est à moi, ici, puisque tout provient du dol qui m’a été fait !… Et n’ayez crainte, ajouta-t-il, mes précautions sont prises ! »

Jacobus Vandergaart frappa dans ses longues mains décharnées.

Aussitôt, les constables, en uniforme noir, parurent sur la porte, immédiatement suivis d’un officier du shérif, qui entra vivement et mit la main sur une chaise.

« Au nom de la loi, dit-il, je déclare saisie provisoire de tous les objets mobiliers et valeurs généralement quelconques, qui se trouvent dans cette maison ! »

Tout le monde s’était levé, à l’exception de John Watkins. Le fermier, anéanti, renversé dans son grand fauteuil de bois, semblait frappé de la foudre.

Alice s’était jetée à son cou et cherchait à le réconforter par ses douces paroles.

Cependant, Jacobus Vandergaart ne le perdait pas de vue. Il le considérait même avec plus de pitié que de haine, tout en surveillant l’Étoile du Sud, qui étincelait plus radieusement que jamais au milieu de ce désastre.

« Ruiné !…! Ruiné !…! »

Ce mots pouvaient seuls s’échapper maintenant des lèvres frémissantes de Mr. Watkins.

En ce moment, Cyprien se leva, et d’une voix grave :

« Monsieur Watkins, dit-il, puisque votre prospérité est menacée d’une catastrophe irréparable, permettez-moi de ne voir dans cet événement qu’une possibilité de me rapprocher de mademoiselle votre fille !… J’ai l’honneur de vous demander la main de miss Alice Watkins ! »


XXIV

une étoile qui file !


Cette demande du jeune ingénieur produisit l’effet d’un coup de théâtre. Quel que fût le peu de sensibilité de leur nature à demi sauvage, tous ces