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Page:Verne - Hector Servadac, Tome 1.pdf/84

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— Et de l’eau ?

— Évidemment.

— Bon ! Allons voir Vénus !

— Mais le choc sera épouvantable, car les deux planètes paraissent marcher en sens inverse à présent, et, comme leurs masses sont à peu près égales, la collision sera terrible pour l’une et pour l’autre !

— Deux trains, quoi ! deux trains qui se rencontrent ! répondit Ben-Zouf d’un ton calme qui risquait de mettre le capitaine hors de lui.

— Oui ! deux trains, animal ! s’écria Hector Servadac, mais deux trains marchant mille fois plus vite que des express, ce qui amènera certainement la dislocation de l’une des planètes, de toutes deux peut-être, et nous verrons ce qui restera alors de ta motte de terre de Butte-Montmartre ! »

C’était toucher au vif Ben-Zouf. Ses dents se serrèrent, ses poings se crispèrent, mais il se contint, et, après quelques instants, pendant lesquels il parvint à digérer « motte de terre » :

« Mon capitaine, dit-il, je suis là !... Commandez !... S’il y a un moyen d’empêcher cette rencontre…

— Il n’y en a pas, imbécile, et va-t’en au diable ! »

Sur cette réponse, le déconfit Ben-Zouf quitta la place et ne prononça plus un mot.

Pendant les jours suivants, la distance qui séparait les deux astres diminua encore, et il fut évident que la terre, en suivant une nouvelle orbite, allait couper