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Page:Verne - Hector Servadac, Tome 1.pdf/80

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une raison ou pour une autre, aucun bâtiment n’apparaissait sur les eaux de la mer, et Ben-Zouf eût inutilement cuit à la cime des roches calcinées de la falaise, s’il ne s’y fût abrité sous une sorte de parasol.

Pendant ce temps, le capitaine Servadac essayait, mais en vain, de rappeler ses souvenirs de collège et d’école. Il se livrait à des calculs furibonds pour tirer au clair cette nouvelle situation faite au sphéroïde terrestre, mais sans trop y réussir. Et, cependant, il aurait dû être amené à penser que si le mouvement de rotation de la terre sur son axe s’était modifié, son mouvement de translation autour du soleil avait dû l’être également, et que, par conséquent, la durée de l’année ne pouvait plus être la même, soit qu’elle se fût accrue, soit qu’elle se fût restreinte.

Manifestement, en effet, la terre se rapprochait de l’astre radieux. Son orbite s’était évidemment déplacée, et ce déplacement concordait non-seulement avec l’accroissement progressif de la température, mais de nouvelles observations auraient dû permettre au capitaine Servadac de constater ce rapprochement qui ramenait le globe vers son centre attractif.

En effet, le disque du soleil apparaissait alors sous un diamètre double de celui qu’il présentait à l’œil nu avant ces faits extraordinaires. Des observateurs, placés à la surface de Vénus, c’est-à-dire à une distance moyenne de vingt-cinq millions de lieues, l’auraient vu tel qu’il se montrait maintenant sous ces