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Page:Verne - Hector Servadac, Tome 1.pdf/74

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Un cri de Ben-Zouf le ramena sur la terre.

« La lune ! s’écria l’ordonnance.

— La lune ?

— Oui ! la lune ! » répliqua Ben-Zouf, enchanté de revoir « la compagne des nuits terrestres », comme on dit en langage poétique.

Et il montrait un disque qui s’élevait à l’opposé de la place que devait occuper le soleil en ce moment.

Était-ce la lune ou quelque autre planète inférieure, grossie par le rapprochement ? Le capitaine Servadac eût été fort embarrassé de se prononcer. Il prit une assez forte lunette, dont il se servait habituellement dans ses opérations géodésiques, et il la braqua sur l’astre signalé.

« Si c’est la lune, dit-il, il faut avouer qu’elle s’est considérablement éloignée de nous ! Ce ne serait plus par milliers, ce serait par millions de lieues qu’il faudrait maintenant évaluer sa distance ! »

Après une minutieuse observation, il crut pouvoir affirmer que ce n’était point la lune. Il ne reconnaissait pas sur ce disque pâli ces jeux de lumière et d’ombre qui lui donnent en quelque sorte l’apparence d’une face humaine. Il n’y retrouvait aucune trace des plaines ou mers, ni de cette auréole de rainures qui rayonnent autour du splendide mont Tycho.

« Eh non ! Ce n’est pas la lune ! dit-il.

— Pourquoi n’est-ce pas la lune ? demanda Ben-Zouf, qui tenait particulièrement à sa découverte.