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Page:Verne - Hector Servadac, Tome 1.pdf/50

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tempérament, des conséquences du phénomène qui s’était produit, il ne songeait plus guère qu’à en découvrir la cause.

« Pardieu ! s’écria-t-il, au moment où la nuit se faisait subitement, il faudra voir cela au grand jour… en admettant que le jour, grand ou petit, revienne, car je veux qu’un loup me croque si je sais où s’en est allé le soleil !

— Mon capitaine, dit alors Ben-Zouf, sans vous commander, que faisons-nous maintenant ?

— Nous restons ici, et demain, s’il y a un demain, nous reviendrons au gourbi, après avoir reconnu la côte à l’ouest et au sud. Le plus important est de savoir où nous sommes et où nous en sommes, à défaut de pouvoir nous rendre compte de ce qui s’est passé par là-bas. Donc, après avoir suivi la côte à l’ouest et au sud…

— S’il y a une côte, fit observer l’ordonnance.

— Et s’il y a un sud ! répondit le capitaine Servadac.

— Alors on peut dormir ?

— Oui, si on le peut ! »

Et sur cette autorisation, Ben-Zouf, que tant d’incidents ne pouvaient émouvoir, se blottit dans une anfractuosité du littoral, mit ses deux poings sur ses yeux et s’endormit du sommeil de l’ignorant, qui est quelquefois plus profond que celui du juste.

Le capitaine Servadac, lui, alla errer sur le rivage de la nouvelle mer, au milieu d’un fourmillement de