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Page:Verne - Hector Servadac, Tome 1.pdf/308

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intense, il ne fallait plus se faire d’illusion. C’était, sans doute, un tombeau vers lequel le you-you courait à toutes voiles.

Dix minutes après, un kilomètre environ avant d’arriver, le lieutenant Procope serra sa brigantine, car l’élan du you-you devait suffire à le porter jusqu’aux roches.

Alors, une émotion, plus vive encore, serra au cœur le capitaine Servadac.

Au sommet du pylône, le vent tordait un lambeau d’étamine bleue… C’était tout ce qui restait du pavillon de la France !

Le you-you vint heurter les premières roches. L’îlot n’avait pas un demi-kilomètre de tour. De Formentera, de l’archipel des Baléares, il n’existait pas d’autres vestiges.

Au pied du pylône s’élevait une misérable cabane de bois, dont les volets étaient hermétiquement fermés.

S’élancer sur les roches, escalader les pierres glissantes, atteindre la cabane, le capitaine Servadac et le lieutenant Procope ne mirent à cela que la durée d’un éclair.

Hector Servadac heurta du poing la porte de la cabane, qui était barrée intérieurement.

Il appela. Pas de réponse.

« À moi, lieutenant ! » dit le capitaine Servadac.

Et tous deux, appuyant vigoureusement de l’épaule, firent sauter la porte à demi vermoulue.