Ouvrir le menu principal

Page:Verne - Hector Servadac, Tome 1.pdf/285

Cette page a été validée par deux contributeurs.


ayant d’ailleurs plus d’une fois patiné déjà sur l’immense bassin de la place Montmartre, « une mer, quoi ! »

Ce genre d’exercice, très-hygiénique par lui-même, devînt en même temps une utile distraction pour les habitants de la Terre-Chaude. Le cas échéant, il pouvait aussi être un moyen de rapide locomotion. Et en effet, le lieutenant Procope, l’un des meilleurs patineurs de Gallia, fit plus d’une fois le trajet de la Terre-Chaude à l’île Gourbi, c’est-à-dire une dizaine de lieues, dans l’espace de deux heures.

« Voilà qui remplacera à la surface de Gallia les chemins de fer de l’ancien monde, disait le capitaine Servadac. Au surplus, le patin n’est pas autre chose qu’un rail mobile, fixé au pied du voyageur ! »

Cependant, la température s’abaissait progressivement, et la moyenne du thermomètre était de quinze à seize degrés centigrades au-dessous de zéro. En même temps que la chaleur, la lumière diminuait aussi, comme si le disque solaire eût été indéfiniment masqué par la lune dans une éclipse partielle. Une sorte de demi-teinte se répandait sur tous les objets et ne laissait pas d’impressionner tristement le regard. C’étaient là des causes d’une sorte d’assombrissement moral, contre lesquelles il convenait de réagir. Comment, aussi ces exilés du globe terrestre n’auraient-ils pas songé à la solitude qui s’était faite autour d’eux, si étroitement mêlés jusqu’alors au mouvement