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Page:Verne - Hector Servadac, Tome 1.pdf/271

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sélénographiques Ce n’était plus cette douce figure de la sœur d’Apollon qui, fraîche et jeune selon les uns, vieille et ridée suivant les autres, contemple tranquillement depuis tant de siècles les mortels sublunaires.

Donc, c’était une lune spéciale, et, ainsi que le fit observer le comte Timascheff, très-probablement quelque astéroïde que Gallia avait capté en traversant la zone des planètes télescopiques. Maintenant, s’agissait-il de l’une des cent soixante-neuf petites planètes cataloguées à cette époque, ou de quelque autre dont les astronomes n’avaient pas encore connaissance ? peut-être le saurait-on plus tard, il y a tel de ces astéroïdes, à dimensions extrêmement réduites, dont un bon marcheur ferait aisément le tour en vingt-quatre heures. Leur masse, dans ce cas, est donc très-inférieure à la masse de Gallia, dont la puissance attractive avait parfaitement pu s’exercer sur un de ces microcosmes en miniature.

La première nuit passée à Nina-Ruche s’écoula sans aucun incident. Le lendemain, la vie commune fut organisée définitivement. « Monseigneur le gouverneur, » ainsi que disait emphatiquement Ben-Zouf, n’entendait pas que l’on restât à rien faire. Par-dessus tout, en effet, le capitaine Servadac redoutait l’oisiveté et ses mauvaises conséquences. Les occupations journalières furent donc réglées avec le plus grand soin, et le travail ne manquait pas. Le soin des ani-