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Page:Verne - Hector Servadac, Tome 1.pdf/270

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— Tenez-vous beaucoup à ce que je réfute cette nouvelle hypothèse ? demanda le lieutenant Procope.

— Non, répondit en souriant le capitaine Servadac, car, en vérité, si notre astéroïde n’était qu’un sous-satellite, il n’emploierait pas trois mois à faire le demi-tour de la lune, et celle-ci nous serait déjà apparue plusieurs fois depuis la catastrophe ! »

Pendant cette discussion, le satellite de Gallia, quel qu’il fût, montait rapidement sur l’horizon, — ce qui justifiait déjà le dernier argument du capitaine Servadac. On put donc l’observer avec attention. Les lunettes furent apportées, et bientôt il fut constant que ce n’était pas là l’ancienne Phœbé des nuits terrestres.

En effet, bien que ce satellite parût plus rapproché de Gallia que la lune ne l’est de la terre, il semblait être beaucoup plus petit, et il ne présentait en surface que la dixième partie du satellite terrestre. Ce n’était donc qu’une réduction de lune, qui réfléchissait assez faiblement la lumière du soleil et n’eût pas éteint les étoiles de huitième grandeur. Elle s’était levée dans l’ouest, précisément en opposition avec l’astre radieux, et elle devait être pleine en ce moment Quant à la confondre avec la lune, ce n’était pas possible. Le capitaine Servadac dut convenir qu’on n’y voyait ni mers, ni rainures, ni cratères, ni montagnes, ni aucun de ces détails qui se dessinent si nettement sur les cartes