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Page:Verne - Hector Servadac, Tome 1.pdf/269

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depuis peu dans le centre d’attraction de Gallia, et devenue son satellite ?

— Elle se serait déjà montrée sur notre horizon, dit le comte Timascheff, et nous n’aurions pas attendu trois mois avant de la revoir.

— Ma foi ! répondit le capitaine Servadac, tout ce qui nous arrive est si étrange !

— Monsieur Servadac, reprit le lieutenant Procope, l’hypothèse que l’attraction de Gallia ait été assez forte pour enlever à la terre son satellite est absolument inadmissible !

— Bon, lieutenant ! répondit le capitaine Servadac. Et qui vous dit que le même phénomène qui nous a arrachés au globe terrestre n’a pas, du même coup, dévoyé la lune ? Errante alors dans le monde solaire, elle serait venue s’attacher à nous…

— Non, capitaine, non, répondit le lieutenant Procope, et pour une raison sans réplique !

— Et quelle est cette raison ?

— C’est que la masse de Gallia étant évidemment inférieure à celle du satellite terrestre, c’est Gallia qui serait devenue sa lune, et non lui qui fût devenu la sienne.

— Je vous accorde cela, lieutenant, reprit Hector Servadac. Mais qui prouve que nous ne sommes pas lune de lune, et que, le satellite terrestre ayant été lancé sur une orbite nouvelle, nous ne l’accompagnons pas dans le monde interplanétaire ?