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Page:Verne - Hector Servadac, Tome 1.pdf/262

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Alors, on le vit quitter plus souvent sa tartane et se mêler aux divers groupes de Russes et d’Espagnols, qui ne lui ménageaient pas les quolibets. Il essaya encore d’amadouer Ben-Zouf en lui offrant quelques prises de tabac, que l’ordonnance refusait « par ordre ».

« Non, vieux Zabulon ! lui disait-il. Pas une seule prise ! C’est la consigne ! Tu mangeras ta cargaison, tu la boiras, tu la priseras tout entière et tout seul, Sardanapale ! »

Isac Hakhabut, voyant enfin qu’il ne pouvait rien obtenir des « saints », se rapprocha du « Dieu », et, un jour, il se décida à demander lui-même, au capitaine Servadac, si tout cela était bien vrai, estimant qu’un officier français ne voudrait pas tromper un pauvre homme comme lui..

« Eh ! oui, mordioux ! oui ! tout cela est vrai, répondit Hector Servadac, impatienté de tant d’obstination, et vous n’avez que le temps de vous réfugier à Nina-Ruche !

— Que l’Éternel et Mahomet me soient en aide ! murmura Isac, faisant cette double invocation en véritable renégat qu’il était.

— Voulez-vous trois ou quatre hommes pour conduire la Hansa au nouveau mouillage de la Terre-Chaude ? lui demanda le capitaine Servadac.

— Je voudrais aller à Alger, répondit Isac Hakhabut.