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Page:Verne - Hector Servadac, Tome 1.pdf/248

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Les deux observateurs regardèrent avec une extrême attention pendant quelques instants encore. Puis, une révélation se fit soudain dans l’esprit de l’officier d’état-major.

« Le volcan ! s’écria-t-il, c’est le volcan que nous avons doublé au retour de la Dobryna ! »

Et, comme inspiré :

« Lieutenant Procope, là est la demeure que nous cherchons ! ajouta-t-il. Là est une habitation dont la nature fait tous les frais de chauffage ! Oui ! cette inépuisable et ardente lave que déverse la montagne, nous saurons bien l’employer à tous nos besoins. Ah ! lieutenant, le ciel ne nous abandonne pas ! Venez ! venez ! Demain, il faut que nous soyons là, sur ce littoral, et, s’il le faut, nous irons chercher la chaleur, c’est-à-dire la vie, jusque dans les entrailles de Gallia ! »

Pendant que le capitaine Servadac parlait avec cette enthousiaste conviction, le lieutenant Procope cherchait à rappeler ses souvenirs. Tout d’abord l’existence du volcan dans cette direction lui parut certaine. Il se rappela qu’au retour de la Dobryna, alors qu’elle prolongeait la côte méridionale de la mer Gallienne, un long promontoire lui barra le passage et l’obligea à remonter jusqu’à l’ancienne latitude d’Oran. Là, elle dut contourner une haute montagne rocheuse, dont le sommet était empanaché de fumée. À cette fumée avait évidemment succédé une projection de flammes