Ouvrir le menu principal

Page:Verne - Hector Servadac, Tome 1.pdf/247

Cette page a été validée par deux contributeurs.


déjà occupée. Le lieutenant Procope tenait pour cette dernière combinaison, et il déduisait ses motifs, lorsqu’il s’arrêta soudain au milieu de son argumentation. Il était, à ce moment, tourné vers le sud, et le capitaine Servadac le vit passer sa main sur ses yeux, comme pour les éclaircir, puis regarder de nouveau avec une attention extrême.

« Non ! Je ne me trompe pas ! s’écria-t-il. C’est bien une lueur que j’aperçois là-bas !

— Une lueur ?

— Oui, dans cette direction !

— En effet, » répondit le capitaine Servadac, qui venait, aussi lui, d’apercevoir le point signalé par le lieutenant.

Le fait n’était plus douteux. Une lueur apparaissait au-dessus de l’horizon du sud et se montrait sous la forme d’un gros point vif, qui devint plus lumineux à mesure que l’obscurité se fit.

« Serait-ce un navire ? demanda le capitaine Servadac.

— Il faudrait que ce fût un navire en flammes, répondit le lieutenant Procope, car aucun fanal ne pourrait être visible à cette distance, ni, en tout cas, à cette hauteur !

— D’ailleurs, ajouta le capitaine Servadac, ce feu ne bouge pas, et il semble même qu’une sorte de réverbération commence à s’établir dans les brumes du soir. »