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Page:Verne - Hector Servadac, Tome 1.pdf/246

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Et pourtant — le capitaine Servadac et ses compagnons le savaient bien — cela ne pouvait suffire ! Ce combustible s’épuiserait promptement. L’officier d’état-major, inquiet au plus haut point, sans en rien laisser paraître, parcourait l’ile en répétant :

« Une idée ! une idée ! »

Puis, s’adressant, un jour, à Ben-Zouf :

« Mordioux ! Est-ce que tu n’as pas une idée, toi ?

— Non, mon capitaine, » répondit l’ordonnance. Et il ajouta :

« Ah ! si nous étions seulement à Montmartre ! C’est là qu’il y a de belles carrières toutes faites !

— Mais, imbécile ! répliqua le capitaine Servadac, si nous étions à Montmartre, je n’aurais pas besoin de tes carrières ! »

Cependant, la nature allait procurer aux colons précisément l’indispensable abri qu’il leur fallait pour lutter contre les froids de l’espace. Voici dans quelles circonstances il leur fut signalé.

Le 10 mars, le lieutenant Procope et le capitaine Servadac avaient été explorer la pointe sud-ouest de l’île. Tout en marchant, ils causaient de ces terribles éventualités que leur réservait l’avenir ! Ils discutaient avec une certaine animation, n’étant point du même avis sur la manière de parer à ces éventualités. L’un persistait à chercher jusque dans l’impossible la demeure introuvable, l’autre s’ingéniait à imaginer un nouveau mode de chauffage pour la demeure