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Page:Verne - Hector Servadac, Tome 1.pdf/221

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ai connu qui ne boudaient pas quand il s’agissait de bien faire ; mais celui-là, c’est un juif allemand, et du plus vilain côté de l’Allemagne : c’est un renégat de tous les pays et de toutes les religions. »

Mais, au moment où les deux Français et les deux Russes allaient pénétrer dans le fourré, un curieux spectacle les arrêta sur la lisière. Les Espagnols venaient de commencer un véritable fandango national. Or, en raison de ce qu’ils étaient diminués de poids, comme tous les objets placés à la surface de Gallia, ils montaient dans l’air à une hauteur de trente à quarante pieds. Rien de plus comique, en vérité, que des danseurs apparaissant ainsi au-dessus des arbres. Ils étaient là quatre musculeux majos, qui enlevaient avec eux un vieil homme, entraîné malgré lui à ces hauteurs anormales. On le voyait paraître et disparaître, comme il arriva de Sancho Pança lorsqu’il fut si gaillardement berné par les joyeux drapiers de Ségovie.

Hector Servadac, le comte Timascheff, Procope et Ben-Zouf s’enfoncèrent alors à travers le fourré et atteignirent une petite clairière. Là, un joueur de guitare et un joueur de castagnettes, mollement étendus, se tordaient de rire en excitant les danseurs.

À la vue du capitaine Servadac et de ses compagnons, les instrumentistes s’arrêtèrent soudain, et les danseurs, ramenant leur victime, retombèrent doucement sur le sol.